Un patrimoine riche et inédit

Histoire de Camiliacus Villa (Chemillé sur Dême). Le nom de Chemillé est cité dès le début du 9e siècle dans un diplôme de Charlemagne sous le nom de Camiliacus villa, puis au 12e siècle sous le terme Chemilleium (chartes de l'abbaye de Vendôme) , puis Chemillé (Carré de Busserolle 1879 : 214). Ce nom pourrait avoir une origine gauloise dérivé de calmis : hauteur, hypothèse vraisemblable, dans la mesure où le village est situé sur un point élevé. Chemillé pourrait aussi provenir de Camiliacus : le domaine de Camilius, nom de personnage romain. Le qualificatif de Chemillé-sur-la Dême apparaît dès 1789, pour se distinguer vraisemblablement de Chemillé-sur-Indrois. Avant la Révolution, la paroisse de Chemillé dépendait de l'élection de Château-du-Loir (province du Maine) et faisait partie du doyenné de la Chartre et de l'archidiaconé de Château-du-Loir, diocèse du Mans. En 1793, elle dépendait du district de Châteaurenault, et depuis 1801 du canton de Neuvy-le-Roi. En 1790, la population s'élevait à 1330 habitants, 1103 en 1851, 925 en 1921, et 581 en 1999.

demeure dite "Maison de l'Averne" XVIè
(remarquable par ses deux lucarnes)
On dispose de peu de renseignements
sur cette demeure qui fut construite dans la première moitié du XVIè siècle comme en  ....

..... en témoigne le décor sculpté des lucarnes et une partie de cheminée située au premier étage sur le pignon Sud. Elle fut occupée au 18e et 19e siècles par la famille Rondeau, dont les membres occupèrent à Chemillé des charges civiles et judiciaires comme greffier des châtellenies de la Marchère, notaire royal, procureur fiscal. Jean Rondeau fut notaire à Chemillé de 1724 à 1759. Sa fille Anne fut marraine de la cloche en 1760. J.C Pouthières, curé de  la paroisse de Chemillé, de 1841 à 1856, mentionne l'existence d'une tour à l'angle occidental, qui fut démolie à cette époque lors de l'agrandissement de la route, et dont l'emplacement est encore visible sur le cadastre napoléonien. Cette demeure souffrit des aménagements faits au 20e siècle par le percement de baies et notamment de sa division intérieure en de nombreuses pièces destinées à 3 propriétaires différents qui ne permettent pas de reconstituer le volume d'origine.

Croix du cimetière (XVIè)
Croix en pierre de taille de forme trilobée ornée au centre d'une Vierge à l'enfant, dans lemédaillon supérieur des initiales IHS, à gauche de Saint Jean Baptiste, à droite de saint Pierre. La croix est ..... 

.... fixée sur une colonne cylindrique en pierre et a été intégré à la tombe des curés de Chemillé, dont elle forme la croix funéraire. La pierre tombale est gravée d'une inscription, presque effacée, portant le nom des curés, qui y sont enterrés : Abbé Cuisnier (1805-1889) curé de Nazelles. Abbé Emile Groleau (1850-1907) , curé de Chemillé. Abbé Pierre Salles (1906-1966) , curé de Chemillé.

Route de Couture

Manoir de Rebondais
(limite XVè / XVIè)   privé
On dispose de peu de renseignements sur Rebondais, si ce n'est qu'il appartenait au début du 17e siècle à Jean de Loré, cité dans une donation du 13 avril 1608 comme "noble homme, sieur  ....

.... des Prez et de Rambondais,natif de Paris, demeurant dans ce bourg de Chemillé". Au début du XXè  siècle, d'après les cartes postales qui le représente, le manoir apparaît déjà en très mauvais état, avec les murs envahis par la végétation .. En 1972, la municipalité prit un arrêté de péril pour obliger le propriétaire à consolider l'édifice qui devenait dangereux pour le voisinage. Quelque temps auparavant, les cheminées avaient été démontées pour être vendues. Alors que cette demeure semblait être sur le point d'être démolie, elle fut achetée et restaurée. L'acquéreur ne put malheureusement pas conserver les 2 tours d'angle situées sur la façade Sud à chaque angle. Seul un soubassement de cette tour subsiste à l'angle Est. Le propriétaire actuel, qui lui a succédé, demeure soucieux de conserver avec soin ce témoignage d'architecture civile de la fin du 15e siècle, début du 16e siècle.

description : Logis, couvert d'un toit à longs pans, doté au centre de la façade Nord d'une tourelle d'escalier pentagonale, couverte d'un toit polygonal. Baies rectangulaires à meneaux. Encadrement des baies et chaînages d'angle en pierre de taille. Pignons découverts, le rampant droit du pignon Est est orné d'une figure animale. Charpente à chevrons formant fermes.

Chateau de la Marchère
(limite XIVe, XVè ; XVIIIè, XIXè)
Propriété de la famille de Bueil à partir de 1367 et siège de leur justice seigneuriale, un château fort dut être édifié dès le 14e siècle. De cette époque subsiste le châtelet d'entrée, situé dans la partie Sud de l'enceinte. En 1655, le domaine passa ....

.... par héritage aux Lezay, qui le vendirent en 1772 à Honoré Martel de Gaillon. Celui entreprit la reconstruction du logis. Une inscription placée sur la base de la cheminée du pignon Est indique " Fait par Mathurin Robichon M. Masson à en 1789", mais cette inscription peut concerner uniquement la réfection de la cheminée et non le bâtiment. En 1806, Etienne Martel vendit la Marchère à Charles Vacher, son fils Jules entreprend vers 1888 d'importants travaux de réfection : sur la façade Nord, construction d'une large terrasse de pierre bordée d'un grand escalier bordé d'une balustrade, surélévation des combles et installation de lucarnes ; Sur la façade Sud, construction d'une tourelle pentagonale . Les tours rondes de la façade Nord sont sûrement antérieures au corps de logis, l'épaisseur des murs diffère, et en étaient peut-être indépendantes, car la mouluration des tours se poursuit à l'intérieur sous les combles. Est-ce à cette époque de la fin du 19e siècle, qu'une partie de l'ancien château placé derrière le châtelet d'entrée et encore visible sur le cadastre napoléonien a été démolie et que les nouveaux communs avec l'encadrement des baies en brique et pierre ont été édifiés. C'est également à la fin du 19e siècle qu'une chapelle fut aménagée au rez-de-chaussée du châtelet, (les vitraux sont datés de 1893) , en remplacement d'une chapelle évoquée dans un acte du 17e siècle, mais dont l'emplacement ne nous est pas connue. La Marchère est transmise à la famille Leddet dans les années 1910 qui le posséda jusqu'en 1996, date où elle fut acquise par les actuels propriétaires.

 

Mairie
(ancien presbytère)
La mairie occupe depuis 1968 ce bâtiment utilisé à partir de 1911 comme bureau de poste mais construit en 1858, pour servir de presbytère qui ....

..... tombait en ruines, par l'architecte Travers qui a également réalisé l'agrandissement de l'église au 19e siècle. Malgré ses différentes destinations, ce bâtiment a conservé l'aspect tel qu'il était dessiné sur les plans de 1857.

Eglise
Historique : La paroisse de Chemillé est attesté dès le 9ème siècle. La possession de l'église de Chemillé par l'abbaye de la Trinité de Vendôme fut confirmé par l'évêque du Mans en 1135.....

.....C'est vraisemblablement au cours du 11ème siècle que fut construit l'édifice initial. De cette époque est encore visible une partie du mur à l'angle des façades Sud et Ouest parementée en petit appareil. Limite 15ème 16ème siècle, construction du choeur à chevet plat et de chapelles latérales, l'une dans la partie Est du mur Nord et deux autres à l'extrémité Est du mur Sud. Au 16ème ou au 18ème siècle, construction du clocher sur la façade Ouest. En 1850, une nouvelle sacristie est construite sur l'emplacement de l'ancien cimetière, sur le mur Nord de l'église entre le chevet et la chapelle latérale. En 1865, l'église est agrandie, selon les plans dressés par M. Travers, architecte à la Châtre, par l'ajout de trois chapelles supplémentaires : deux sur le mur Nord et une sur le mur Sud dans la partie Ouest. En 1873, le lambris de la nef est remplacé par une voûte en briques selon les plans de l'abbé Brisacier. En 1968, une porte d'entrée est percée sur le mur Nord, afin de faciliter le service funèbre. Elle fut réalisée sur le même modèle que celle existant sur la façade Sud.

description : Eglise à 3 vaisseaux avec chevet plat dans le prolongement du vaisseau central. Bas côtés Nord et Sud formés chacun de 3 travées. Voûtes d'ogives en briques recouvertes d'un enduit en pierre appareillée. Chapelles latérales : Fenêtres en arc ogival et pignons découverts. Encadrement des baies, chaînage s d'angle et contreforts en pierre de taille. Tour Clocher situé sur la façade Ouest.

Manoir de Rezay
(XVIè ; XIXè)  privé
Au début du 16e siècle, Rezay appartenait à la famille Beaufils. En 1504, Jean Beaufils, seigneur de Rezay, est mentionné comme chanoine de l'église de Tours. Le fief passa, dans la 1ère  ....

.... moitié du 16e siècle à Jean Besnard, conseiller au Parlement de Bretagne, par son mariage avec Marie de Beaufils. C'est sûrement durant le 16e siècle, à l'époque où la famille Besnard en est propriétaire que furent construits le logis, comme en témoigne la forme des baies à meneaux du logis 1 et la chapelle, comme pourrait l'attester la mouluration du poinçon et de l'entrait de la ferme principale. Est-ce, Guillaume Besnard, doyen de St Gatien de Tours, en 1646, qui fit construire le portail monumental, dont il ne reste qu'un pied droit. Formé d'une arcade en plein cintre, à claveaux appareillés, et surmonté d'un fronton courbe orné d'armoiries, il fut détruit dans les années 1950, pour faire passer les machines agricoles. Au 18e siècle, Rezay appartient au marquis de Courceriers, demeurant au Mans. Après la Révolution, le domaine est acquis par Armand Rougé, boucher à Neuvy, qui le vend à Jules Poilvillain, meunier et maire de Chemillé en 1876. Rezay est transformé en exploitation agricole. Des bâtiments d'exploitation (écurie, bergerie) sont construits après 1883, puisqu'ils n'apparaissent pas sur le plan de 1883, extrait du plan parcellaire établi lors de la construction du chemin de fer. L'un des logis est transformé en grange, supprimant ainsi toute la distribution intérieure, murant les fenêtres hautes sur la façade Ouest, surmontées peut être à l'origine de lucarnes de pierre, à l'image des manoirs voisins de Mauny à Marray ou rue de l'Averne à Chemillé, et perçant d'autres ouvertures sur la façade Est. La chapelle est utilisée comme grenier à foin, ce qui explique les 2 ouvertures sur la façade Nord : une porte charretière et une porte haute, l'intérieur est séparé par un plancher. La famille Bennevault, propriétaire au 20e siècle vend Rezay dans les années 1990 aux actuels propriétaires soucieux de restaurer cette demeure.